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Les MRE à l’épreuve des archaïsmes :plaidoyer pour une citoyenneté active et égalitaire

« Tribune initiée par le mouvement Nod Sawet »

Le Maroc qui a organisé la marche verte, grande marche pacifique partie du Maroc vers le Sahara
sous colonisation espagnole en 1975. Le Maroc qui a organisé la COP 22 à Marrakech en novembre
2016 avec la présence de 196 pays, d’ONG, de syndicats, de scientifiques ainsi que des médias du
monde entier. Le Maroc qui a su mener des projets d’envergure comme le port de Tanger-MED, le
Train à Grande Vitesse Al Boraq, l’un des plus grands parcs solaires au monde – le complexe Noor –
et bientôt un hub financier de référence en Afrique.
Ce Maroc, nous en sommes convaincus, est capable d’organiser des élections pour ses près de 5
millions de compatriotes résidents à l’étranger.

La nouvelle constitution adoptée en 2011 consacre le droit de vote et de candidature à tous les Marocains depuis leur pays de résidence, (articles 16 et 17). Pourtant, 10 ans plus tard, ce droit constitutionnel n’est toujours pas inscrit dans les lois électorales. Le motif avancé par les parties prenantes est surprenant puisque se trouvent invoquées « les modalités de vote et l’application de ce droit » qui poseraient « problème ».

Ce motif nous interpelle d’autant plus que nos voisins algériens et tunisiens tout autant que plusieurs pays africains à l’exemple du Sénégal ont organisé des élections dans le pays de résidence de leurs ressortissants !

Beaucoup de discours politiques vantent l’apport multiforme des MRE dans l’économie nationale marocaine, notamment à travers le développement de la coopération internationale entre les territoires marocains et leur territoire de résidence ou encore la solidarité directe avec les familles restées au pays. Pourtant, ces MRE tant vantés dans les discours ne peuvent toujours pas choisir leurs représentants au sein du Parlement.

Outre que ce déni de droits vis-à-vis de la diaspora marocaine relève de l’aberration dans une période où les relations internationales et la diplomatie des territoires constituent des armes essentielles utilisées par toutes les grandes nations, les partis politiques marocains se privent de personnalités, de compétences, de potentialités qui peuvent renforcer la place du Maroc dans le concert des nations et les réseaux d’influence du pays à l’échelle internationale.

Nul n’ignore que le 8 septembre prochain des élections générales se dérouleront au Maroc. Les grand oubliés en seront, encore une fois, les millions de Marocains d’Europe, des Amériques, d’Asie, du Moyen Orient…, toujours privés de représentation parlementaire propre et astreints à être représentés pour pouvoir voter par procuration.

A l’aune de la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël – pays où l’on compte près de 800 000 juifs marocains majoritairement attachés à leur pays d’origine- , n’aurait-on pas dû saisir l’occasion pour concrétiser les droits de « pleine citoyenneté » reconnus par la constitution à tous les Marocains, quel que soit leur lieu de résidence sur le globe ?

Les enjeux des prochaines élections dépassent largement le territoire national et c’est une erreur historique de continuer à écarter les MRE.

Le manque flagrant et ouvert de considération qui se manifeste dans cette élection aurait sans doute été nié si le bilan de 10 ans de constitution sur les questions diasporiques n’était pas aussi éloquent à lui tout seul. Ce désir de participation effective de la diaspora marocaine aux décisions majeures de son pays fait écho à des revendications et des combats portés de manière régulière depuis plus de 30 ans. Les MRE souhaitent contribuer par la réflexion mais également par l’action à l’avènement d’un Maroc meilleur.

Nous le savons, la tentation sera politiquement forte de réduire cette nouvelle demande à un fait mineur et de se « contenter » encore de discours creux sans lendemain.

Mais c’est un autre chemin que nous vous demandons de prendre. Ce que nous vous demandons, c’est que soit enfin ouvert le chantier d’une mise à plat du cadre juridique et institutionnel pour la mise en œuvre concrète du droit des membres de la diaspora à être élus et représentés depuis des circonscriptions électorales qui épousent leur lieu de résidence.

Nous vous demandons d’assurer l’égalité de traitement des citoyens marocains en toutes circonstances en conformité avec la loi et la Constitution. Si cela n’est malheureusement pas le cas, c’est en raison d’archaïsmes tenaces, de pratiques hiérarchiques et de discours institutionnels qu’il faudra profondément interroger.

Cette situation injuste ne se traitera pas en la réduisant à un caprice ou des démarches individuelles isolées. Nous vous demandons d’indiquer les voies que vous souhaitez emprunter pour supprimer ce désordre et dessiner les modalités de dialogue et d’élaboration de propositions visant à assurer la représentation effective de la diaspora. Ne doutez pas qu’au-delà même des signataires du présent texte, beaucoup d’acteurs de la diaspora sont prêts à participer à cet effort institutionnel crucial.

Nous demandons une recomposition du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME) pour en faire une instance démocratique et représentative des MRE comme prévu dans ses statuts et son dahir constitutif. Cette mise à plat doit également concerner le Conseil Economique et Social, ainsi que le prévoit la constitution.

Répondre positivement à cette interpellation ne serait pas un signe de faiblesse mais le signe d’une démocratie capable de lucidité et de maturité sur un sujet où elles ont fait cruellement défaut depuis trop longtemps.

Premiers signataires :

1 – Omnès Maria, Chevalier de l’ordre national du mérite, expert judiciaire auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, lieutenant dans la réserve de la Gendarmerie, ambassadrice de l’instance nationale des droits de l’Homme, délégué régionale PACA de la Fondation du bénévolat, Paris
2 – Messaoudi Janat, Présidente et fondatrice du Mouvement Pour un Maroc Prospère et égalitaire, Cheffe d’entreprise, Expert-comptable et commissaire aux comptes, Grenoble
3 – Moussaid Sanaa, Fondatrice de CEO @World Of Numeric, Expert-comptable et commissaire aux comptes, vice-présidente du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, Paris
4 – Khiyate Nadia, Fonctionnaire, universitaire, Besançon
5 – Slaoui Laila, Présidente association Khmisset Bladi pour les initiatives de développement, Mohammadia
6 – Mekkaoui Abdelhamid, Chef d’entreprise et promoteur immobilier, Meknes
7 – Merzouki Khaled, Chef d’entreprise, Grenoble

8 – Marwane Zaki, Cadre antiraciste, Paris
9 – Messaoudi Tijani, Ingénieur, chercheur universitaire, Besançon
10 – Aroui Mounir, Expert-Comptable et commissaire aux comptes, fondateur du Cabinet AZ Consultants, Grenoble
11 – Abdel El Ghani Atif, Pharmacien, Grenoble
12 – Gherabti Abdelkrim, Chercheur universitaire, fondateur de la société Naturamole, La Mure Isère
13 – Gresse Latifa, Cheffe d’entreprise, Toulon
14 – Boulaid Ahmed, Co-gérant d’un domaine, Saint-Tropez
15 – Boulaid Dounia, Co-gérante d’un domaine, Saint-Tropez
16 – Merabti Abdellah
17 – Ben Said Mina
18 – Rachid Mohamed, Expert-comptable et commissaire aux comptes, président de l’ADECCA, délégué départemental du Conseil régional des experts-comptables, Grenoble
19 – Zouhairi Khalid, Expert-comptable et commissaire aux comptes, Grenoble
20 – Oumaou Alima, Responsable relais du 75, Paris
21 – Taouile Raouya, Etudiante, Italie
22 – Taouile Moustapha, Chef d’entreprise, Grenoble
23 – Tforka Karim, Agent de maitrise, SMMAG, Grenoble
24 – El hassani Ilham, Gestionnaire du patrimoine, Grenoble
25 – Faresse Nourdine, Chercheur en biotechnologie, Toulouse
26 – Laftimi Fadoua, Conseillère juridique et sociale des Grands comptes, Seyssinet-Pariset
27 – Senbel Abdallah, Secrétaire général de l’association pour l’amitié et la tolérance, cadre dans la formation professionnelle, Paris
28 – Yassine Rania, Chef de projet digital, Montpellier, France
29 – Messaoudi Azzedine, Chef de projet en système d’information, Paris
30 – Motos Mounir, Responsable magasin grand frais, Echirolles,
31 – Oughalmi Jihad, Conseillère juridique, Compiègne
32 – Oukadi Farid, animateur sportif, Compiègne
33 – Mahma Bouchra, Médiatrice urbaine, Compiègne
34 – Moueden Farid, Agent de surveillance, Compiègne
35 – Khiyate Soumia, diplômée en RH, Héricourt
36 – Khiyate Siham, monitrice auto-école, Mulhouse
37 – Khiyate Abdelkrim, retraité, Grand Charmont

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